POUR UN DIALOGUE CONFIANT ENTRE LA CHIMIE ET LA SOCIETE
Bernard BIGOT,
Président de la Fondation de la Maison de la Chimie - Discours du 16 juillet 2007 prononcé à la Maison de la Chimie, à l’occasion des journées SFC 07 : Chimie du Futur, Futur de la Chimie, 16-18 juillet 2007
La chimie est une composante majeure des relations existantes, ou à construire, entre Nature, Science, Industrie et Société. Pour cette raison, la chimie a besoin de l’attention de la société, de ses manifestations d’intérêt positif, en un mot de sa considération, et si possible même de son soutien et de sa mobilisation vigilante, lucide et résolue en sa faveur. Elle en a besoin pour travailler en confiance, pour donner le meilleur d’elle-même et attirer à elle un nombre suffisant d’entrepreneurs, d’ingénieurs, de techniciens, de chercheurs et d’enseignants de grande qualité, motivés et fiers de leur activité. Elle en a besoin pour pouvoir réunir les matières premières, les moyens financiers et les espaces nécessaires à son épanouissement et à son développement, et ainsi satisfaire les attentes et les demandes dont elle est, sous de multiples formes, l’objet incontournable.
Inversement, la société a besoin de la chimie et des chimistes, car sans eux, aux côtés des physiciens, des biologistes et de bien d’autres scientifiques, pas de possibilité de progrès dans la compréhension globale et la connaissance du monde qui nous entoure. Mais aussi, pas de production et de conservation des aliments ou de purification de l’eau à la hauteur des besoins de nos concitoyens, pas d’énergie en quantité suffisante et dans des conditions respectueuses du fonctionnement souhaitable de notre planète et de notre environnement de proximité, pas de transports répondant à notre soif de mobilité avec la célérité, le confort et la sécurité dont nous aurions bien de la peine à nous dessaisir, pas de télécommunications efficaces, outils désormais si essentiels à notre mode de vie, pas de moyens informatiques pour permettre une gestion des volumes considérables de données de tous ordres actuellement disponibles et accroître, dans les proportions que l’on sait, nos capacités de modélisation, de calcul et de prévision, pas de moyens commodes d’accès à la culture et aux loisirs, pas de santé et d’hygiène telles que nous les connaissons au moins depuis un demi-siècle, facteur clé de l’allongement spectaculaire de l’espérance de vie, pas de confort dans nos habitations ou nos vêtements. En fait tout juste ce que nous offre spontanément mère Nature et dont devaient se contenter les premiers hommes lorsqu’ils n’étaient encore que quelques millions, voire quelques dizaines de millions, à l’aube de l’humanité, c'est-à-dire dans le cas d’une démographie rendant possible, mais aussi fort incertaine, contraignante, dangereuse et pénible, une activité de simple cueillette et d’exploitation a minima des ressources naturelles de proximité.
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